Rastafari. Une philosophie universelle pour le troisième millénaire

Rastafari. Une philosophie universelle pour le troisième millénaire
Du 4 au 7 juillet 2001 des chercheurs se sont réunis à Vienne pour une conférence organisée par la Society for Caribbean Research. Un des thèmes de travail portait sur les développements du mouvement Rastafari dans le monde. L'université de Vienne était hôte de cette rencontre qui s'est ouverte avec de la musique : Rastafari International Vienna Group, reggae local, ont fait résonner les tambours et les cuivres dans l'amphithéâtre. Werner Zips, organisateur de la rencontre et spécialiste de la Jamaïque ainsi que Nancy Morejon, directrice de Las Casas de las Americas à La Havane (Cuba) ont introduit les axes de réflexion et les interventions sur le mouvement Rastafari. Deux personnalités dont la présence allait influencer les débats se sont également présentées : Barbara Makéda Blake Hannah, journaliste rasta, militante depuis longtemps ; Mutabaruka, musicien et poète dont les textes et méditations ont été largement entendus et débattus pendant ces quelques jours. Les étudiants de Vienne ont présenté leurs travaux, qui prenaient en compte le développement des nouvelles technologies. De même, un jeune chercheur de Londres a construit un modèle de CD-Rom qui sert de support à sa recherche ethnographique sur Rastafari dans les Bermudes. De nombreux films sur la Jamaïque contemporaine réalisés par W. Zips et B. Puskas ont été diffusés. Des universitaires reconnus étaient également présents : Barry Chevannes, Rupert Lewis, Claudia Clarke, Stephen Glazier, qui ont apporté des contributions argumentées, puisant dans de nombreuses références musicales, théoriques et critiques, et qui ont donné une assise scientifique à l'engagement des individus dans cette rencontre. En effet, la surprise, au-delà de l'informalité de la conférence, était la présence d'une communauté rastafari participant de façon active à ces échanges. Des Rastas de Vienne, d'origine jamaïcaine ou autrichienne ; des jeunes frères arrivant d'Allemagne, ou des chercheurs spirituellement engagés venant d'Afrique du Sud, de France ou d'Italie étaient partie intégrante des acteurs de cette rencontre. La surprise des invités, venant notamment de Jamaïque, devant cette présence européenne et rasta a permis un réel échange, et ils ont pris la décision de publier un communiqué, comme un message d'espoir, intitulé “Universal Rastafari” qui puisse transmettre les objectifs nés de cette rencontre. D'un échange universitaire destiné à un public spécifique et limité s'est développée une prise de conscience et une responsabilité collective qui engage tous les Rastas et par conséquent tous les participants. Car ce qui est en jeu, à quoi conduisaient toutes les études sur les présents du mouvement rastafari, c'est la convergence de différentes tendances vers une évolution majeure : la réalisation du “rapatriement” des communautés rastafari en Afrique, notamment en Éthiopie. En effet, entre les articles qui présentaient les structures juridiques et les possibilités économiques de réparations et les discours sur l'engagement des Rastas, des Africains, des Antillais et des Européens, c'est un autre futur qui se dessine. Un futur où l'Afrique aura une place centrale, mais traitée avec respect et résistance, dont Rastafari semble être le moteur spirituel, potentiellement universel, à travers lequel les individus se retrouveront et avanceront ensemble malgré leurs différences. – GB
# Posté le mercredi 03 août 2005 10:58

savoir + sur les rasta

savoir + sur les rasta
Les principaux postulats de cette nouvelle évidence sont les suivants : Haïlé Sélassié est Dieu (JAH, par contraction de Jéhovah) ; les Noirs revivent l'histoire des Juifs en Egypte (400 ans d'esclavage, sur une terre qui n'était pas la leur) ; le salut du peuple noir se trouve dans son rapatriement vers l'Ethiopie, au sens étymologique du mot (la terre des faces noires).
Dès lors, de nombreux Noirs jamaïcains dont beaucoup d'adeptes de Garvey adoptent cette nouvelle croyance et se donnent eux-mêmes le nom de Rastafari, du nom civil de Sélassié. Les Rastas sont en rupture totale avec le système, qui (re)devient Babylone, la cité de la perversion et du mal. Les Rastas s'installent d'abord dans les collines, à l'écart de tout et vivent en totale autarcie.
Suivant les recommandations du Lévitique, ils ne se rasent plus, ne se peignent plus et ne se coupent plus les cheveux. C'est ainsi qu'ils héritent de leurs légendaires dreadlocks. Ils ne mangent plus de viande, et fument "les feuilles de l'arbre de vie qui sert à la guérison des nations", autrement dit, la Ganja, en attendant le jour du retour vers Zion, soit la terre promise africaine.
Mais les Rastas sont vite persécutés à leur tour. La police brûle les champs de Ganja, coupe les nattes des adeptes et leur fait subir toutes les humiliations possibles.





De fait, les Rastas se dispersent. Beaucoup émigrent vers les villes, où ils se retrouvent cantonnés dans les ghettos : Trenchtown, Back O'Wall, Dungle, Rema... Les Rastamen sont pacifistes, sages, vivent dans l'amour de leurs prochains et dans le respect des lois divines. C'est en se mariant avec la musique Reggae que le rastafarisme se fera connaître du monde entier, proposant alors aux populations en mal de justice et de dignité, une vision positive et enthousiaste de l'avenir. Car de fils d'esclaves, les Rastas deviennent des fils de Roi.





Les Rastas sans être machistes ne sont pas pro-féministes, et au sein du mouvement, les femmes n'ont guère de rôle à jouer.
Rasta n'est pas une religion. Une religion existe au sein d'une structure hiérarchisée (des chefs), d'une structure matérielle (église, temple ou autre) et de procédures (rites, prières, offices etc...). Le rastafarisme est dans ce sens une anarchie totale, sans la moindre ébauche d'organisation, sans chef (au mieux, quelques aînés font autorité), où rien n'a été établi. Le mouvement abrite en son sein différentes branches, séparées par de subtiles différences, allant des plus libres aux plus rigoureuses, comme le groupe appelé "les douze tribus d'Israel" et dont l'un des plus célèbres adeptes était Bob Marley.
Lorsque l'on annonça la mort d'Haïlé Sélassié en 1975, beaucoup de détracteurs du mouvement pensaient que les Rastas ne feraient plus long feu. "On ne peut pas tuer Dieu", clamèrent les fidèles, "on ne peut pas changer la prophétie". On compte environ deux millions d'adeptes à travers le monde aujourd'hui.
# Posté le mercredi 03 août 2005 11:03

ReSistance

ReSistance
Musidisc, 1999

Entre ici, Burning Spear ! (et monte le son)

Le public jamaïcain découvre Burning Spear en 69, par l'entremise de Bob Marley, heureux de promouvoir un guerrier rasta aussi talentueux. En 75, Burning Spear accède à la reconnaissance internationale avec le mythique Marcus Garvey, qui trouvera un peu plus tard son complément Dub, Garvey's ghost. Doué d'une voix faite pour militer et pour raconter, rauque et grave, Burning Spear donne le tempo à la musique, décidant du rythme par ses vocalises. Sur sa lancée, il enregistrera un peu plus tard Man in the Hills puis auto-produira quelques 45 T exceptionnels, comme Travelling, Free Black People, Spear Burning et Throw down your arms. Depuis, Burning Spear est devenu une référence incontournable, enregistrant près d'une trentaine d'albums

Resistance sort en 1986. Typique de l'½uvre de Burning Spear, l'album marque moins les observateurs que les précédents titres, sans doute parce que les années 80 étaient trop occupées à applaudir des succédanés de reggae, à la mode british (UB40, Culture Club) ou frenchie (Cookie Dingler, Lavilliers).



Plus qu'une aubaine, la réédition de l'album en CD constitue donc une juste reconnaissance de la valeur de l'½uvre. Treize ans après, la combativité de Burning Spear reste la même, comme en témoigne l'intro et l'outro ajoutés à l'album :

I think the key to Resistance
is your mine, and taught,
and also you ways, and attitude.
If you can be in control
of all the above
there is no way anyone
can break down your
Resistance !

Leader charismatique et guide spirituel des rastas depuis la mort de Bob Marley, Burning Spear n'a, il est vrai, pas le droit de faiblir. Jouissant d'une aura incroyable en Jamaïque, il donne à chacune de ses compositions, notamment Resistance et Holy Foundation, la force d'une prophétie et la beauté des chants désespérés
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# Posté le mercredi 03 août 2005 11:11

Les règles du rastafarisme.

Les règles du rastafarisme.
Le roi des roi, descendant des racines du juif noir Josué,
viendrait à régner sur la terre de David, un homme noir aux yeux comme des flammes
de feu aux cheveux comme de la laine, et au pieds aussi noir que la braise,
deviendrait le plus grand roi des rois, défiant la mort et Jugement Dernier,
renversant les trône de Babylone et envoyant tous les prétendants du pouvoir terrestre
et leurs suites au feu de l'Enfer.

l' herbe, religion ou médecine, ce qui est certain, c'est qu'elle agit comme un balsamique naturel
pour toutes sortes de douleurs physiques ou spirituelles.
C'est pour cela que beaucoup de Jamaïcains l'appellent "l'ami du pauvre"

La Holy Piby la bible selon l'homme noir. Qui contient en outre la doctrine religieuse,
de nombreuses règles de comportements, de diete et d'hygiene.

L'un des grand point de la HOLY PIBY est résumer dans une citation du lévitique :
"Ils ne raseront ni tête, ni barbes ni pratiqueront d'amputations sur leurs corps
# Posté le mercredi 03 août 2005 19:12

bob marley le footballeur

bob marley  le footballeur
Depuis qu'ils ont perdu le match de football 4 à 3 contre l'équipe des rock critiques, les Pink Floyd ne jouent plus. Cette année, par exemple, ils ont fermement décliné un gaillard défi de nos athlètes qui leur proposaient une revanche à l'occasion de leur passage par Paris.

Et depuis, c'est un vent de désolation qui soufflait sur nos rockers qui, pour ne rien vous celer, pratiquent un entrainement intensif depuis trois ans déjà, envahissant chaque samedi les terrains de foot parisiens, moulés dans leurs maillots lamés et pailletés.

Aussi, l'annonce que Bob Marley et ses Wailers avaient pour habitude de disputer un match de foot dans chaque capitale où ils donnent un concert souleva une vague d'excitation. Et une équipe de rock se prépara à aller croiser le ballon rond avec les fils de la Jamaïque. Surprise, le matin du match "France-Soir" annonçait que les Wailers rencontreraient l'équipe des Polymusclés. Gaillards colosses moulés dans de sémillants t-shirts verts, les Polymusclés étaient en effet au rendez-vous. Cette équipe, constituée de vétérans du show-biz, de la télé et du cinéma, semblait si cohérente et décidée que les rock-critiques se retrouvèrent du côté des Wailers (en trop petit nombre, de toute façon).

Quelle ambiance! Nos athlètes s'échauffent en tirant des buts, les Wailers poussent leur ballon et se font d'arabesques passes. Profitant des dernières lueurs du jour, une équipe d'Antenne 2 interviewe même Bob Marley.

La journaliste: M'sieur Marley, ne trouvez-vous pas étrange de jouer une musique de pauvres et d'être aussi riche?
Bob Marley: (dans un survêtement aux couleurs de la Jamaïque, ses nattes dissimulées sous un bonnet de tricot, vacille et répond) : "I am what I am." Puis il s'éloigne et fait une tête. (Flashes, caméras, claps.)

A 9 h, les deux équipes prennent place.

Philippe Paringaux se carre fermement dans ses buts. Marjorie Alessandrini va souhaiter bonne chance à Paul, qui joue inter-droit. Minute émouvante que celle-ci ! Bob Marley est ailier gauche, Francis Dordor ailier droit. Jean Louis "Soul Bros" Lamaison est arrière droit Les Wailers se répartissent au centre et à l'arrière. Equipe hétéroclite que la nôtre ! En face les Polymusclés semblent de sérieux, voire d'invincibles concurrents. Ça y est !

Coup de sifflet, c'est la première attaque fermement menée par Paul Alessandrini qu fidèle à sa devise, flashe littéralement le but adverse. Mais les Polymusclés opposent une défense brutale, sinon cohérente, et très vite Bob Marley voit la balle lui échouer entre les crampons. Finement, il remonte, à la limite de la touche, jonglant littéralement avec le cuir faisant preuve d'une indéniable agilité. On ne peut pas lui prendre la balle !

Alors, le jeu s'organise; malgré leur démarrage fulgurant, les rockers semblent perdre l'avantage. Deux descentes ventre à terre viennent s'écraser contre le but de Paringaux qui dégage immédiatement. Heureusement, l'un des Wailers reprend l'affaire au pied ! C'est Family Man Barrett,un gros rasta bourru qui marmonne des prières en shootant et qui, grâce à Jah, va marquer le premier but à 9 h 35.

Mais cette joie est de courte durée! Bob Marley est canné! Inquiet, visiblement, il vient à l'arrière, souffrant du pied. A son tour, Francis Dordor se fait remarquer en bloquant une balle hasardeuse par un saut " en crapaud" que ne suivra hélas aucune action, notre ami semblant en perte de souffle. Cependant, secondé par Jean-Marie Leduc (immortel auteur de l'ouvrage "Pink Floyd " aux éditions Albin Michel), Paul Alessandrini remonte, inquiétant les Polymusclés jusqu'à la mi- temps. 1-0.


Bob Marley, Philippe Paringaux, Jean-Louis Lamaison

Une petite pluie fine s'est mise à tomber, glaçant les innombrables spectateurs de marque (Brenda Jackson, Jennifer Bier, Michel Bourre, Philippe K½chlin et Madame, Jean Tronchot, le Cheapthrilleur, François Ducray, Régis Logivière, la famille Givaudan, Monsieur Cristiani et Madame).

Cette mi-temps voit quelques changements dans les équipes. Jean-Louis "Memphis" Lamaison, Bob " So Jah Said" Marley et Francis "Heat Treatment" Dordor, épuisés, quittent le terrain. Le bassiste de Bijou (qui devait s'avérer aussi dangereux avec un ballon qu'à la guitare) remplace Lamaison, Bruno Caruso, malgré un équipement de fortune, rentre aussi. Les Wailers, bien protégés par leurs bonnets de laine et leurs anoraks, ne semblent pas souffrir excessivement de la pluie. Il en va autrement de nos joueurs qui, maculés de boue, vont faire la preuve de cette énergie qui manque si cruellement à nos groupes de rock, Un mot, donc, pour Leduc et Alessandrini, fonceurs acharnés qui inquiétèrent sans trêve ni répit les Polymusclés, marquent but sur but élevant sans arrêt le score. Un mot aussi pour Philippe Paringaux qui fit l'admiration de Bob Marley (qui vint lui tapoter amicalement le ventre en lui disant " the best "... un comble !) statue hiératique repoussant avec une fermeté bourrée de classe les tirs lourds des Polymusclés. Un mot, enfin, pour le Cheapthrilleur qui, véritable héros du journalisme, accompli son devoir jusqu'au bout, restant dressé sur le bord du terrain, battu par le vent glacial et la pluie, griffonnant de fiévreuses notes sur son bloc rouge.

En effet, le show-biz s'était de longue date replié sur les bars ou les vestiaires que nous restions pratiquement seul (soutenu cependant par deux membres de l'organisation Skydog venus nous demander un autographe). Moments de rigueur et de solitude qu'atténua à peine la visite d'une des chanteuses des Wailers : moulée dans un levi's sombre, ses cheveux pris dans un fichu bigarré, elle nous entretint de la forme de Bob entre deux éclats de rire. " Ho! Ho! Hi! Hi! Regardez comme il a grossi ! " Et c'est vrai que Marley prend du ventre! Alors, le football, est-ce une tentative désespérée pour... retrouver la ligne? " Non! Bob a toujours adoré jouer au foot 1 Mais depuis peu, il mange mieux! Hu ! Hu ! " Le temps que nous regardions cette héroïne digne des crayons d'un Hugo Pratt s'éloigner et.., les Wailers/Rock critiques marquaient leur sixième but !!!

Terrassés, les Polymusclés tentèrent l'impossible, implorant une prolongation de dix minutes... prolongation qui leur fut accordée avec magnanimité sans que cela changeat en rien le score final qui restait donc de six à un vers 23 h 15... Une victoire retentissante pour nos amis du rock... et du reggae! Alors, après une heure et demie d'efforts tous les joueurs se précipitèrent dans les vestiaires où je pus pénétrer sans grand problème (grâce à mon backstage pass). Et là, il nous faut remercier la maison de disques des Wailers qui, dans un admirable élan de générosité et d'abnégation, n'avait strictement rien prévu Oui, ami lecteur et toi aussi, ami du sport vous avez bien lu. Rien. Pas la plus petite goutte de bière, pas le moindre verre de soda pas le plus anodin des sticks de ganja, pas la plus infime tartelette. Nos joueurs, transis épuisés mais heureux, quittèrent donc leurs vêtements crottés et reprirent le chemin de leurs foyers où ils purent annoncer à leurs familiers DEUX records:

-Les verts étaient battus.

-Au terme d'une longue lutte, Phonogran venait d'enlever la coupe de maison de disques la plus spartiate de France.

C'est pas de jeu!
# Posté le mercredi 03 août 2005 19:31