Rastafari : se dit d'un mouvement mystique, politique et culturel propre aux noirs de la Jamaïque et des Antilles anglophones... " nous dit le dictionnaire.
Mais le dictionnaire étant peu bavard dans ses définitions, j'ai souhaité approfondir mes recherches. Comme beaucoup d'autres gens, le rastafarisme n'évoquait pour moi qu'une philosophie lointaine à travers laquelle les figures d'Haïlé Selassié* et Bob Marley* transparaissaient sans que je connaisse, au fond, l'histoire de ce mouvement. Grâce aux relations de Sista IT, spécialiste dans ce domaine, j'ai pu faire la connaissance de Fari, musicien et Bobo dread* convaincu qui s'est déjà représenté l'année dernière au Village Rasta.
Fari a bien voulu nous éclairer sur cette philosophie à la fois contestataire et pacifique dont l'histoire est directement liée à celle de l'esclavage des Noirs et de la colonisation.
Selon lui, seuls l'amour et la tolérance, prônées par Haïlé Selassié, empereur d'Ethiopie et guide spirituel du mouvement rasta, peuvent changer la face du monde et rendre à l'homme sa dignité.
Le rastafarisme existe depuis la fin du 18ème siècle et avait comme particularité de défendre le Noir face à l'oppression de l'homme blanc en tant que colon et esclavagiste.
Depuis, les mentalités ont évolué, mais l'esclavage existe toujours, sous d'autres formes.
Georges Liele, un pasteur, posa le premier les jalons de ce qui allait devenir le grand mouvement que nous connaissons actuellement.
On comprend qu'au terme de plus de trois siècles d'esclavage, la vision catholique-colonisiatrice d'une Eglise paternaliste et de certains de ses représentants qui prêchaient, le fouet à la main, que Dieu est bon et blanc, ne pouvait plus être acceptée par le peuple noir ! En réponse à ces abus, Marcus Garvey* (ci-contre), en 1916, est allé jusqu'à prophétiser en déclarant qu'un roi noir en Afrique sera couronné, qu'il sera le Rédempteur de la cause noire contre l'oppresseur blanc, désigné symboliquement comme le Diable ou Babylone*.
Zion désigne la terre promise qui, d'après les rastas, se situe en Ethiopie où les noirs connaîtront enfin la liberté. Tout en écoutant Fari, je m'interroge face au calme qui émane de lui.
Est-ce de la timidité, de la prudence, de la sérénité mystique ? Eclairé de profil par les rayons du soleil qui filtrent à travers la vitre de l'appartement, son visage, rehaussé d'un turban, n'en paraît que plus noble et plus expressif. Lui, Bobo, conçoit sa vie à travers une trinité qui lui est propre : Haïlé Selassié est le Père, le Rédempteur des Noirs, Marcus Garvey est le prophète, celui qui a annoncé sa venue, et le Prince Emmanuel* est le Fils de Sélassié. Peu importe que l'on y croit ou non, car l'amour, la tolérance et l'unité entre les peuples devraient être des valeurs universellement partagées par chacun d'entre nous.
Je repense alors à ces images que j'ai pu voir dans les musées ou dans les livres, à ces civilisations disparues de l'Afrique et de la lointaine Egypte où les mots " peuple " et " liberté " prenaient tout leur sens, car c'est bien de cela qu'il s'agit. Le " reggae culture* " permet à Fari d'exprimer sur scène toute sa soif de liberté, d'exprimer l'espoir qu'un jour les Noirs iront à Zion pour glorifier le Roi des rois, c'est à dire Selassié lui-même.
La façon de vivre des rastafariens a aussi ses règles. Lorsque les rastas se saluent, c'est poing contre poing. Cela signifie que la lutte continue dans l'union. Autres particularités : ils ne mangent pas de viande, surtout la viande de porc, car ils la considèrent impure, tout comme les Juifs.
Ils ne boivent pas non plus d'alcool et préfèrent fumer la Ganja* à laquelle ils attribuent des vertus curatives pour les rhumes et d'autres maladies. Du fait qu'elle soit naturelle et issue de la terre, c'est la plante spirituelle par excellence. Elle leur permet de réaliser l'unité avec le monde. Alors pourquoi l'interdire à la consommation puisque l'alcool, en particulier le rhum en Jamaïque, fait plus de dégâts ? Le débat reste ouvert...
La rencontre s'est faîte à Belleville, dans ce quartier où de nombreuses communautés se mélangent en un tout coloré et bruyant : un marché, des restaurants chinois, des épiceries juives, des échoppes de toutes sortes y sont représentés. En mon for intérieur, je me dis que c'est peut-être ça aussi le rastafari : tolérer son voisin dans la promiscuité et accepter ses différences, même s'il crie pour vendre son pied de mouton ou ses mangues !
Mais le dictionnaire étant peu bavard dans ses définitions, j'ai souhaité approfondir mes recherches. Comme beaucoup d'autres gens, le rastafarisme n'évoquait pour moi qu'une philosophie lointaine à travers laquelle les figures d'Haïlé Selassié* et Bob Marley* transparaissaient sans que je connaisse, au fond, l'histoire de ce mouvement. Grâce aux relations de Sista IT, spécialiste dans ce domaine, j'ai pu faire la connaissance de Fari, musicien et Bobo dread* convaincu qui s'est déjà représenté l'année dernière au Village Rasta.
Fari a bien voulu nous éclairer sur cette philosophie à la fois contestataire et pacifique dont l'histoire est directement liée à celle de l'esclavage des Noirs et de la colonisation.
Selon lui, seuls l'amour et la tolérance, prônées par Haïlé Selassié, empereur d'Ethiopie et guide spirituel du mouvement rasta, peuvent changer la face du monde et rendre à l'homme sa dignité.
Le rastafarisme existe depuis la fin du 18ème siècle et avait comme particularité de défendre le Noir face à l'oppression de l'homme blanc en tant que colon et esclavagiste.
Depuis, les mentalités ont évolué, mais l'esclavage existe toujours, sous d'autres formes.
Georges Liele, un pasteur, posa le premier les jalons de ce qui allait devenir le grand mouvement que nous connaissons actuellement.
On comprend qu'au terme de plus de trois siècles d'esclavage, la vision catholique-colonisiatrice d'une Eglise paternaliste et de certains de ses représentants qui prêchaient, le fouet à la main, que Dieu est bon et blanc, ne pouvait plus être acceptée par le peuple noir ! En réponse à ces abus, Marcus Garvey* (ci-contre), en 1916, est allé jusqu'à prophétiser en déclarant qu'un roi noir en Afrique sera couronné, qu'il sera le Rédempteur de la cause noire contre l'oppresseur blanc, désigné symboliquement comme le Diable ou Babylone*.
Zion désigne la terre promise qui, d'après les rastas, se situe en Ethiopie où les noirs connaîtront enfin la liberté. Tout en écoutant Fari, je m'interroge face au calme qui émane de lui.
Est-ce de la timidité, de la prudence, de la sérénité mystique ? Eclairé de profil par les rayons du soleil qui filtrent à travers la vitre de l'appartement, son visage, rehaussé d'un turban, n'en paraît que plus noble et plus expressif. Lui, Bobo, conçoit sa vie à travers une trinité qui lui est propre : Haïlé Selassié est le Père, le Rédempteur des Noirs, Marcus Garvey est le prophète, celui qui a annoncé sa venue, et le Prince Emmanuel* est le Fils de Sélassié. Peu importe que l'on y croit ou non, car l'amour, la tolérance et l'unité entre les peuples devraient être des valeurs universellement partagées par chacun d'entre nous.
Je repense alors à ces images que j'ai pu voir dans les musées ou dans les livres, à ces civilisations disparues de l'Afrique et de la lointaine Egypte où les mots " peuple " et " liberté " prenaient tout leur sens, car c'est bien de cela qu'il s'agit. Le " reggae culture* " permet à Fari d'exprimer sur scène toute sa soif de liberté, d'exprimer l'espoir qu'un jour les Noirs iront à Zion pour glorifier le Roi des rois, c'est à dire Selassié lui-même.
La façon de vivre des rastafariens a aussi ses règles. Lorsque les rastas se saluent, c'est poing contre poing. Cela signifie que la lutte continue dans l'union. Autres particularités : ils ne mangent pas de viande, surtout la viande de porc, car ils la considèrent impure, tout comme les Juifs.
Ils ne boivent pas non plus d'alcool et préfèrent fumer la Ganja* à laquelle ils attribuent des vertus curatives pour les rhumes et d'autres maladies. Du fait qu'elle soit naturelle et issue de la terre, c'est la plante spirituelle par excellence. Elle leur permet de réaliser l'unité avec le monde. Alors pourquoi l'interdire à la consommation puisque l'alcool, en particulier le rhum en Jamaïque, fait plus de dégâts ? Le débat reste ouvert...
La rencontre s'est faîte à Belleville, dans ce quartier où de nombreuses communautés se mélangent en un tout coloré et bruyant : un marché, des restaurants chinois, des épiceries juives, des échoppes de toutes sortes y sont représentés. En mon for intérieur, je me dis que c'est peut-être ça aussi le rastafari : tolérer son voisin dans la promiscuité et accepter ses différences, même s'il crie pour vendre son pied de mouton ou ses mangues !